The slow waltz

The slow waltz


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Sur le bitume taché, égratigné, défoncé se dressent des structures urbaines qui se révèlent par leur noirceur ensoleillée. Dans le nord des quartiers marseillais la vie souffle au rythme des histoires de ses habitants. On y pénètre le regard bas, le pas craintif avec des sens en éveil et des repères qui semblent nous échappés.
Selon l'écrivain Philipe Pujol "Ici les trajectoires des gens qui peuplent ces cités sont souvent tragiques «où même les rats se font chier». La délinquance y sert d’«ascenseur social» - ou de chemin vers le cimetière". On trafique autour d’une obsession, «du fric ramené avec panache».
Les détritus ornent méticuleusement le plus souvent les trottoirs, halls d'immeubles. Chaque famille semble vouloir échapper au quotidien qui les étouffe. Dans ces quartiers les Comores , le Maghreb , l'Afrique de l'ouest semblent avoir trouver refuge dans ses grandes tours. Une solidarité s'opère dans la communauté mais s'effrite avec les autres. Ici l'espace urbain est un espace collectif mais un lieu ou se croisent les solitudes.
Lors des jours de mistral, les sacs en plastique virevoltent dans les airs tel des danseurs épris de liberté et viennent trouver refuge aux branches des platanes.
Au pied des immeubles, un petit dealer, un « charbonner » comme on dit ici, qui réussit à prendre le large...des odeurs épicées, aux couleurs caramel inondent certains halls. Bredouilles, les policiers rentrent dans leur véhicule et invitent certains habitants à s'extirper de ces zones communes pour s'enfermer dans leur forteresses .
De part et d'autre de ces tours quasi infranchissables, on trouve de vieux quartiers ou de vastes programmes immobiliers éclosent. L'inharmonie prédomine, nouveaux immeubles, anciennes usines et commerces coexistent dans une cacophonie urbaine.
Ici les familles écrivent leur histoires avec pudeur. Malgré ce fourretout, la population grouille, déambule, crie, s'affronte, virevolte en attendant des lendemains meilleurs mais imprévisibles.
William Bunel